Haïti : l’heure de vérité est arrivée


 Haiti: The Hour of Truth Has Arrived

By Patrick Prézeau Stephenson(Le Francais suit)

PORT‑AU‑PRINCE — Michel Soukar’s open letter is not a warning. It is a summons. It says what many know but no longer dare to articulate: Haiti did not collapse. It was dismantled. Deliberately. Methodically. And with the active complicity of those who were supposed to protect it.

For years, political, economic, and social elites treated the foundations of the country as if they were stage props. They bartered the state, fractured its institutions, and turned sovereignty into an empty slogan. Now the stage has fallen apart. And behind it, there was nothing.

Soukar says it plainly: “History is watching us.” The truth is harsher: history is judging us.

A country sabotaged by those who claimed to serve it

Soukar speaks of manipulation, pressure, and compromise. The reality is more brutal: a portion of the elite stopped being national. They traded responsibility for immediate gain, abandoning the country to a dynamic of decomposition they sometimes helped design.

This is not a tragedy. It is a moral failure.

The Patriotic Pact: not a slogan, a rupture

Soukar calls for a patriotic pact. The Manifeste – Appel du Lambi responds: yes, but only if it binds.

A pact that demands truth. A pact that forces a break with old practices. A pact that prevents the transition from being captured by the same actors who contributed to the collapse.

This pact must be an act of refoundation, not a compromise. A moral commitment, not a political maneuver.

The transition: a founding act, or nothing at all

Soukar proposes a transitional architecture. The Lambi adds: it must be foundational, or it will be a façade.

A transition that rebuilds state authority. That restores justice. That rehabilitates sovereignty. That returns the nation to its role as a historical actor.

Anything less — arrangements, shortcuts, “quick fixes” — will only prolong the crisis.

Elections will not save a country without a state

Soukar warns against the illusion of elections held in chaos. The Lambi goes further: holding elections without a functioning state is the institutionalization of a void.

A country without territorial control cannot produce a sovereign vote. A state without institutions cannot guarantee the integrity of a ballot. A fragmented society cannot transform an election into a solution.

Elections must be the outcome of a transition. Never its starting point.

Disappearance is no longer a hypothesis

Soukar evokes the political and symbolic disappearance of the country. This is not an exaggeration. It is a trajectory already underway.

When elites withdraw, when institutions hollow out, when collective choices become individual strategies, the nation ceases to exist as a historical subject.

The Lambi insists: this disappearance can still be stopped. But only if a common framework, a shared vision, and an assumed responsibility emerge now — not later.

The moment has come to answer history

Soukar’s letter is a diagnosis. The Lambi’s response is a commitment.

A commitment to break with fragmentation. To rebuild the state on popular sovereignty. To reconstruct institutions before pretending to use them. To place the nation back at the center of its own destiny.

Haiti no longer has the luxury of waiting. The country stands at the edge of a historical rupture. The question is no longer who failed. The question is who is ready to act.

******************************************** 

Haïti : l’heure de vérité est arrivée

Par Patrick Prézeau Stephenson*

PORT‑AU‑PRINCE — La lettre de Michel Soukar n’est pas un avertissement. C’est une mise en demeure. Elle dit ce que beaucoup savent mais n’osent plus formuler : Haïti ne s’est pas effondré. Il a été défait. Délibérément. Méthodiquement. Et avec la complicité active de ceux qui avaient le devoir de le protéger.

Pendant des années, les élites politiques, économiques et sociales ont joué avec les fondations du pays comme s’il s’agissait d’un décor. Elles ont marchandé l’État, fragmenté les institutions, et transformé la souveraineté en slogan creux. Aujourd’hui, le décor s’est effondré. Et derrière, il n’y avait rien.

Soukar le dit sans détour : « L’histoire nous regarde. » La vérité est plus dure : l’histoire nous juge.

Un pays saboté par ceux qui prétendaient le servir

Soukar parle de manipulation, de pressions, de compromissions. Le constat est plus brutal : une partie des élites a cessé d’être nationale. Elles ont troqué leur responsabilité contre des avantages immédiats, abandonnant le pays à une dynamique de décomposition dont elles ont été, parfois, les architectes.

Ce n’est pas une tragédie. C’est une faillite morale.

Le Pacte patriotique : pas un slogan, une rupture

Soukar appelle à un pacte patriotique. Le Manifeste – Appel du Lambi répond : oui, mais un pacte qui oblige.

Un pacte qui exige de dire la vérité. Un pacte qui impose de rompre avec les pratiques anciennes. Un pacte qui interdit la capture de la transition par les mêmes acteurs qui ont contribué à l’effondrement.

Ce pacte doit être un acte de refondation, pas un compromis. Un engagement moral, pas une manœuvre politique.

La transition : un acte fondateur, ou rien

Soukar propose une architecture de transition. Le Lambi ajoute : elle doit être fondatrice, ou elle ne sera qu’un simulacre.

Une transition qui reconstruit l’autorité de l’État. Qui restaure la justice. Qui réhabilite la souveraineté. Qui redonne à la nation son rôle de sujet politique.

Tout le reste — les arrangements, les compromis, les “solutions rapides” — ne fera que prolonger la crise.

Les élections ne sauveront pas un pays sans État

Soukar met en garde contre l’illusion d’un scrutin organisé dans le chaos. Le Lambi tranche : aller aux élections sans État, c’est institutionnaliser le vide.

Un pays sans contrôle territorial ne peut pas produire un vote souverain. Un État sans institutions ne peut pas garantir l’intégrité du scrutin. Une société fragmentée ne peut pas transformer une élection en solution.

Les élections doivent être l’aboutissement d’une transition. Jamais son point de départ.

La disparition n’est plus une hypothèse

Soukar évoque la disparition politique et symbolique du pays. Ce n’est pas une exagération. C’est une trajectoire déjà engagée.

Quand les élites se retirent, quand les institutions se vident, quand les choix collectifs deviennent des stratégies individuelles, la nation cesse d’exister comme acteur historique.

Le Lambi affirme : cette disparition peut encore être stoppée. Mais seulement si un cadre commun, une vision partagée et une responsabilité assumée émergent maintenant — pas plus tard.

Le moment est venu de répondre à l’histoire

La lettre de Soukar est un constat. La réponse du Lambi est un engagement.

Un engagement à rompre avec la fragmentation. À refonder l’État sur la souveraineté populaire. À reconstruire les institutions avant de prétendre les utiliser. À replacer la nation au centre de son propre destin.

Haïti n’a plus le luxe de l’attente. Le pays est au bord d’une rupture historique. La question n’est plus de savoir qui a failli. La question est de savoir qui est prêt à agir.


*Patrick Prézeau Stephenson is a Haitian scientist, policy analyst, financial advisor and author specializing in Caribbean security and development.

 

Contact Médias Patrick Prézeau Stephenson: Éditeur manifeste1804@gmail.com

Men anpil chaj pa lou. Mèsi pou pataje manifès la:

Kilès nouye :  Manifeste L'Appel du Lambi - Unité et Action pour Haïti

Vizite paj akèy la: https://shorturl.at/cozFM

Li sou entènèt: https://shorturl.at/rBOTZ

Telechaje deniè vèsyon 2026 la: https://shorturl.at/g08Do

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

MANIFESTE: L’APPEL DU LAMBI

Charlito, ange ou démon ? L’itinéraire – et le démantèlement – d’un héros de chevalerie haïtien

Individuals, Institutions, and Haiti’s Search for a Credible Center