Du lambi aux urnes : Les Haïtiens disent clairement ce qu’ils veulent

 

From the Lambi to the Ballot Box: Haitians Are Telling the World What They Want

By Patrick Prézeau Stephenson* (Le Français suit)

I. The Lambi Has Sounded — And Haitians Have Answered

For decades, Haiti’s political class and its international partners have claimed to speak for the Haitian people. But for the first time since the country’s descent into gang rule, Haitians have spoken for themselves — loudly, clearly, and with statistical precision.

A nationwide, in‑person survey of 1,332 adults conducted in May 2026 offers a rare, representative snapshot of what Haitians expect from the next phase of UN and international support. And when read through the lens of the Manifeste Appel du Lambi — the emerging civic blueprint for Haiti’s reconstruction — the message is unmistakable:

Haitians want security, justice, public services, and elections. Not one of these demands is optional.

II. Security First — But Never Security Alone

The survey’s most surprising finding is its cautious optimism: 50.7 percent of Haitians say security has improved. In a country where gangs still dominate most of Port‑au‑Prince, this is extraordinary.

But Haitians are not confusing improvement with victory. Only 36.5 percent trust the UN‑authorized Gang Suppression Force (GSF) to accomplish its mission.

This is not cynicism. It is realism — and it aligns with the Appel du Lambi, which frames security as the first step in a long reconstruction process. Haitians want armed groups dismantled, civilians protected, and the police rebuilt. But they also insist that security must be paired with social investment:

  • 69.1 percent cite education as essential to community security.
  • 67.4 percent cite healthcare.

Haitians reject the false choice between guns and schools. They want both — because they know that security without services is merely a pause between crises.

III. Justice Without Impunity: The Country’s Red Line

If there is one area where Haitian opinion is overwhelming, it is justice.

  • 64.5 percent support prison time for gang leaders and members.
  • 66.9 percent oppose amnesty.
  • 83.4 percent reject any political role for gang leaders.

These numbers are not subtle. They are a national verdict.

Haitians are demanding a rupture with the culture of impunity that has hollowed out the state. The Appel du Lambi echoes this, calling for independent courts, humane prisons, and a justice system capable of prosecuting violent actors without political interference.

But the survey also reveals a painful contradiction: half of gang foot soldiers are minors. Haitians know this — yet many still oppose reintegration programs.

This is where leadership matters. International law, including the Paris Principles, requires that children associated with armed groups be treated primarily as victims. The manifesto’s call for a separate juvenile accountability system, paired with community‑based reintegration and job creation, offers the only viable path forward.

Justice must be firm. But it must also be fair.

IV. Elections: Haiti’s Non‑Negotiable Demand

After three years without a single elected official, Haitians are demanding a return to democratic legitimacy.

  • Nearly 90 percent say elections are essential to determining the country’s future.
  • Most plan to vote.

This is not apathy. It is civic hunger.

But the mechanics are fragile. While 88.8 percent of adults have biometric voter IDs, 41.4 percent of young Haitians do not. Without urgent investment in electoral infrastructure, voter identification, and security for polling stations, the December 2026 presidential vote — or any vote in 2027 — risks becoming symbolic rather than transformative.

The Appel du Lambi calls for a new civic contract rooted in accountability and territorial representation. Haitians agree. They want elections not as a ritual, but as a reset.

V. A Narrow Window — And a Clear Mandate

The survey’s most important message is its urgency.

Haitians are cautiously optimistic — but only cautiously. They support the GSF — but only barely. They want justice — but not impunity. They want elections — but not chaos. They want services — not slogans.

The Manifeste Appel du Lambi envisions a 30‑year reconstruction plan grounded in territorial governance, institutional rebuilding, and national unity. The survey shows Haitians are ready for that plan — but they will not wait indefinitely.

The window is narrow. The demands are clear. The lambi has sounded.

The question now is whether Haiti’s leaders — and the international community — will finally listen.

Author’s Note

This op‑ed is based on the publicly available findings of the May 2026 Chatham House / Q‑Q Research Consultants nationwide survey. Readers should confirm all political information with trusted, authoritative sources.

*************************************



Du lambi aux urnes : Les Haïtiens disent clairement ce qu’ils veulent

Par Patrick Prézeau Stephenson*

 

I. Le lambi a sonné — et les Haïtiens ont répondu

Pendant des années, la classe politique haïtienne et ses partenaires internationaux ont prétendu parler au nom du peuple. Mais pour la première fois depuis l’effondrement de l’État face aux gangs, les Haïtiens ont parlé pour eux‑mêmes — avec force, clarté et précision statistique.

Une enquête nationale menée en personne auprès de 1 332 adultes en mai 2026 offre un portrait rare et représentatif des attentes des Haïtiens envers la prochaine phase du soutien de l’ONU et de la communauté internationale. Et lorsqu’on lit ces résultats à travers le prisme du Manifeste Appel du Lambi — la nouvelle charte civique pour la reconstruction du pays — un message s’impose :

Les Haïtiens veulent la sécurité, la justice, des services publics et des élections. Aucun de ces piliers n’est négociable.

II. La sécurité d’abord — mais jamais la sécurité seule

Le résultat le plus surprenant de l’enquête est son optimisme prudent : 50,7 % des Haïtiens estiment que la sécurité s’est améliorée. Dans un pays où les gangs contrôlent encore la majorité de Port‑au‑Prince, c’est remarquable.

Mais les Haïtiens ne confondent pas amélioration et victoire. Seuls 36,5 % font confiance à la Force de Répression des Gangs (GSF) pour accomplir sa mission.

Ce n’est pas du cynisme. C’est du réalisme — et cela correspond à l’esprit du Appel du Lambi, qui voit la sécurité comme la première étape d’un long processus de reconstruction. Les Haïtiens veulent le démantèlement des groupes armés, la protection des civils et la refondation de la police.

Mais ils exigent aussi que la sécurité soit accompagnée d’investissements sociaux :

  • 69,1 % citent l’éducation comme essentielle à la sécurité communautaire.
  • 67,4 % citent la santé.

Les Haïtiens rejettent le faux dilemme entre armes et écoles. Ils veulent les deux — parce qu’ils savent que la sécurité sans services n’est qu’une pause entre deux crises.

III. Une justice sans impunité : la ligne rouge du pays

S’il existe un domaine où l’opinion haïtienne est écrasante, c’est la justice.

  • 64,5 % soutiennent des peines de prison pour les chefs et membres de gangs.
  • 66,9 % s’opposent à toute amnistie.
  • 83,4 % rejettent toute participation politique des chefs de gangs.

Ces chiffres ne sont pas nuancés. Ce sont un verdict national.

Les Haïtiens exigent une rupture avec la culture d’impunité qui a miné l’État. Le Manifeste Appel du Lambi appelle à des tribunaux indépendants, des prisons humaines et un système judiciaire capable de poursuivre les auteurs de violences sans interférence politique.

Mais l’enquête révèle aussi une contradiction douloureuse : la moitié des soldats de base des gangs sont mineurs. Les Haïtiens le savent — mais beaucoup restent opposés aux programmes de réintégration.

C’est ici que le leadership devient crucial. Le droit international, notamment les Principes de Paris, exige que les enfants associés à des groupes armés soient traités d’abord comme des victimes. L’appel du Lambi propose une justice juvénile distincte, associée à une réintégration communautaire et à la création d’emplois formels.

La justice doit être ferme. Mais elle doit aussi être juste.

IV. Les élections : l’exigence non négociable du peuple

Après plus de trois ans sans un seul élu, les Haïtiens réclament un retour à la légitimité démocratique.

  • Près de 90 % estiment que les élections sont essentielles pour l’avenir du pays.
  • La majorité prévoit de voter.

Ce n’est pas de l’apathie. C’est une faim civique.

Mais les mécanismes restent fragiles. Si 88,8 % des adultes possèdent une carte biométrique, 41,4 % des jeunes n’en ont pas. Sans investissements urgents dans l’infrastructure électorale, l’identification des électeurs et la sécurité des bureaux de vote, le scrutin présidentiel prévu pour décembre 2026 — ou tout scrutin en 2027 — risque d’être symbolique plutôt que transformateur.

Le Manifeste Appel du Lambi appelle à un nouveau contrat civique fondé sur la responsabilité et la représentation territoriale. Les Haïtiens approuvent. Ils veulent des élections non comme un rituel, mais comme un redémarrage.

V. Une fenêtre étroite — et un mandat clair

Le message le plus important de l’enquête est son urgence.

Les Haïtiens sont prudemment optimistes — mais seulement prudemment. Ils soutiennent la GSF — mais de justesse. Ils veulent la justice — mais pas l’impunité. Ils veulent des élections — mais pas le chaos. Ils veulent des services — pas des slogans.

Le Manifeste Appel du Lambi imagine un plan de reconstruction sur 30 ans, fondé sur la gouvernance territoriale, la refondation institutionnelle et l’unité nationale. L’enquête montre que les Haïtiens sont prêts pour ce plan — mais qu’ils n’attendront pas indéfiniment.

La fenêtre est étroite. Les demandes sont claires. Le lambi a sonné.

La question est désormais de savoir si les dirigeants haïtiens — et la communauté internationale — écouteront enfin.

Note de l’auteur

Cette tribune s’appuie sur les résultats publiés de l’enquête nationale menée en mai 2026 par Chatham House et Q‑Q Research Consultants. Les lecteurs sont invités à vérifier les informations auprès de sources fiables.

Réferences

Sabatini, Christopher. What Haitians Want from the Next Phase of UN and International Support: Insights and Policy Lessons from a May 2026 Nationwide Survey of 1,332 Haitian Adults. London: Chatham House, 25 August 2026. https://www.chathamhouse.org/2026/08/what-haitians-want-next-phase-un-and-international-support.

*Patrick Prézeau Stephenson is a Haitian scientist, policy analyst, financial advisor and author specializing in Caribbean security and development.

 

Contact Médias Patrick Prézeau Stephenson: Éditeur manifeste1804@gmail.com

Men anpil chaj pa lou. Mèsi pou pataje manifès la:

Kilès nouye :  Manifeste L'Appel du Lambi - Unité et Action pour Haïti

Vizite paj akèy la: https://shorturl.at/cozFM

Li sou entènèt: https://shorturl.at/rBOTZ

Telechaje deniè vèsyon 2026 la: https://shorturl.at/g08Do

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

MANIFESTE: L’APPEL DU LAMBI

Charlito, ange ou démon ? L’itinéraire – et le démantèlement – d’un héros de chevalerie haïtien

Individuals, Institutions, and Haiti’s Search for a Credible Center